Délinquance en haute-mer : un défi sécuritaire mondial

Capture d'écran (vidéo), Crédit Photo, New York Times

Capture d’écran (vidéo), Crédit Photo, New York Times

L’insécurité en haute-mer reste un défi majeur pour notre planète. Tous les pays du monde en sont concernés et s’activent pour la recherche de solution en vue de la sécurisation des océans. Une conférence de l’Union Africaine est attendue à Lomé (Togo) sur la question, du 2 au 7 novembre prochain.

Si le problème le plus crucial de l’insécurité maritime est la piraterie en mer, il ne faut guère minimiser les crimes et exécutions sommaires de marins ou de clandestins, ni les innombrables crimes contre l’environnement océanique.

La question de la sécurité et de la sûreté maritimes est d’actualité. Dans ce sens, le journal américain « New York Times » lance une série de reportages sur la délinquance en haute-mer sous le titre « The Outlaw Ocean) (Océans hors-la-loi).

La gouvernance en haute-mer

La gouvernance en haute-mer reste un grand défi pour tous les Etats de la planète. « Nous ignorons les océans à notre péril », reconnaît le secrétaire d’Etat américain John Kerry dans un article qu’il a rédigé et publié le 20 avril 2014 sur la version en ligne du quotidien « Boston Globe ».  Selon lui, « là où sévissent la pauvreté et le manque de chance, là où l’État de droit est faible, où la corruption est la plus profondément enracinée, et où les populations ne peuvent pas compter sur la protection du gouvernement et de la police, on trouve non seulement la vulnérabilité à la traite (des personnes, ndlr), mais des zones d’impunité où il est plus facile aux trafiquants de s’en prendre à leurs victimes ». Les océans constituent sans doute de grandes zones d’impunité qu’il faudra travailler à sécuriser.

Dans cette série de reportages, un article parle des crimes à bord d’un navire contrevenant et de passagers clandestins, victimes d’une barbarie humaine ignoble (In « Stowaways and crimes aboard a scofflaw ship », article publié le 17 juillet 2015 sur la version en ligne du New York Times, par le journaliste Ian Urbina). En effet, cet article illustré par des photos et des vidéos porte sur la délinquance en haute-mer et rapporte le cas de la « Dona Liberta », un cargo à bord duquel un membre d’équipage, couteau à la main, a forcé deux passagers clandestins tanzaniens à sauter par-dessus bord et sur un radeau, dans l’Océan Atlantique au large de l’Afrique de l’Ouest.

L’impunité

Capture d'écran (vidéo), Crédit Photo, New York Times

Capture d’écran (vidéo), Crédit Photo, New York Times

Sous la plume de Ian Urbina, les deux clandestins avaient déjà passé neuf jours en mer, la plupart du temps à se cacher dans la salle des machines de la Dona Liberta, tapis au fond de l’eau huileuse. Mais quand ils sont descendus sur le radeau lisse, ces hommes qui ne savaient pas nager, avaient presque glissé dans l’océan avant de s’arrimer sur le radeau avec une corde.

Ainsi se produisent régulièrement en mer des meurtres dont sont victimes des milliers de marins, pêcheurs ou migrants. Ces derniers meurent ainsi dans des circonstances suspectes et dans l’impunité.

En moyenne, un grand navire coule tous les quatre jours et entre 2 000 et 6 000 marins meurent chaque année, généralement en raison d’accidents évitables liés à des pratiques de sécurité laxistes, souligne cet article. Par ailleurs, des navires déversent intentionnellement d’importantes quantités d’huile de moteur et de boues dans les océans, polluant ainsi l’environnement.

Le rôle du renseignement

Au nombre des dispositifs internationaux de lutte contre la piraterie et la pêche illicite, il faut citer le Centre d’échange de renseignements sur le commerce maritime du golfe de Guinée (MTISC-GoG) basé à l’Université maritime régionale d’Accra (Ghana).Ce centre a reçu le 24 juillet dernier, la visite d’un représentant de l’Organisation maritime internationale (OMI), M. Chris Trelawny, qui s’y est rendu pour une séance de travail. Au moment de cette visite, 630 navires environ échangeaient des renseignements avec ledit centre. A noter qu’au cours des derniers mois, ce centre a apporté son soutien aux navires et aux autorités dans la lutte contre la piraterie et la pêche illicite, puis contribué à des opérations de recherche et de sauvetage. Ce centre multinational dont le personnel provient des marines nationales du Congo, du Ghana, du Nigéria, de la Sierra Leone et du Togo, ainsi que de l’Autorité maritime du Libéria et de compagnies privées, fournit des conseils et des renseignements aux  navires marchands qui sont exploités dans le golfe de Guinée.

La formation

Un séminaire sur la sûreté maritime organisé sous les auspices de l’OMI s’est tenu à Johore Bahru (Malaisie), du 27 au 31 juillet dernier. Axé sur le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (Code ISPS), ce séminaire est une formation de formateurs qui a réuni des participants de 17 pays, y compris des agents et des fonctionnaires chargés de l’approbation des plans de sûreté de l’installation portuaire. Ce séminaire a été animé par M. Henrik Madsen et Mme Josephine Uranza.

L’Afrique contre l’insécurité marine

Le gouvernement togolais prépare actuellement un sommet de l’Union Africaine (UA) qui se tiendra à Lomé du 2 au 7 novembre 2015. Dans une interview accordée au quotidien Togo-Presse (N°9586 du 28 juillet 2015, p.5.) par le ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine, M. Robert Dussey, 53 pays africains et d’autres invités sont attendus à Lomé pour cette conférence internationale à laquelle participera plus de 2 000 délégués.

Selon le ministre Dussey, on enregistre : une (01) attaque de pirate par semaine dans le Golfe de Guinée (Océan Atlantique, ndlr) et 75% des grandes pêcheries mondiales sont déjà épuisées. Il a noté que 38 pays africains sont côtiers, 50% de l’oxygène que nous respirons est produit par les océans et 90% des importations et exportations en Afrique sont effectuées par la mer.

Ce sommet de Lomé aura donc pour objectifs de réfléchir sur des questions relatives à la piraterie maritime, la pêche en mer, le commerce international et l’environnement marin afin de « combler le vide juridique » et « prendre des mesures idoines pour la protection de nos océans et de nos mers en vue de tirer profit de leur contribution au développement économique du continent ».

Cinq (05) thématiques sont à l’agenda de cette conférence, à savoir : la piraterie maritime, la mer comme facteur de développement, la pêche illicite, les trafics illicites de tout genre et la préservation de l’environnement marin.

Au terme de cette conférence, une Charte africaine sur la sécurité et la sûreté maritime et le développement sera adoptée.

Cette conférence a été proposée par le Togo et acceptée par l’UA lors de la 23ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat  et de gouvernement  tenue à Malabo (Guinée Equatoriale) en juin 2014.

Charles Ayetan

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s