VIH/Sida : Œuvrer à un plus grand accès au traitement des femmes enceintes et des enfants

« Le nombre de nouvelles infections au VIH dans le monde a baissé chez les enfants, mais pour atteindre l’objectif d’une génération sans SIDA, il est nécessaire de traiter davantage de femmes enceintes et d’enfants vivant avec le virus » a déclaré l’UNICEF dans un communiqué publié le 30 novembre 2012 dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.

Photo UNICEF/Togo 2012/ Essi Fafa SOULE

Photo UNICEF/Togo 2012/ Essi Fafa SOULE

Cette déclaration se situe dans la droite ligne des objectifs adoptés pour la période 2011-2015 à la réunion de haut niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies tenue en juin 2011,  à savoir : « réduire de moitié la transmission du VIH par voie sexuelle, éliminer les nouvelles infections chez les enfants, dispenser un traitement à 15 millions de personnes vivant avec le VIH, mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination et remédier à la pénurie de fonds pour la lutte contre le sida. » Pour les acteurs de cette lutte, il s’agit au cours de cette période quinquennale de viser à l’horizon 2015 l’« Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro décès lié au sida, zéro discrimination », une ambition qui constitue en même temps le thème de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA pour ladite période.

Dans son message publié le 1er décembre 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, « appelle à de plus grands efforts visant à éliminer la  stigmatisation et la discrimination qui aggravent les risques dans les populations vulnérables ».

Des avancées dans la lutte contre le Sida

D’après les récents chiffres publiés par l’Organisation Mondiale de Santé (OMS), il y a eu 2,5 millions de nouvelles infections à VIH en 2011 et on estime que 1,7 million de personnes en sont mortes. Mais il faut noter que cela représente 700.000 nouvelles infections en moins par rapport à il y a dix ans et 600.000 décès en moins par rapport à 2005.

Le rapport de 2012 de la Journée mondiale de lutte contre le sida, établi par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA),  montre que des progrès réels ont été enregistrés ces deux dernières années dans la prévention et le traitement du VIH/sida. Le nombre de personnes ayant accès à un traitement qui peut sauver leur vie a augmenté de 60 % et le nombre de nouvelles infections a été réduit de 50 % dans 25 pays, dont 13 en Afrique subsaharienne. Le nombre de décès liés au sida a chuté d’un tiers depuis 2005.

Une grande partie de ces progrès est attribuée aux médicaments antirétroviraux, utilisés pour traiter ceux qui sont porteurs du VIH. Ces médicaments réduisent la quantité de virus dans le sang, ce qui augmente la probabilité de rester en bonne santé et diminue le risque de transmission du virus à autrui.

Selon les spécialistes, les dernières statistiques mondiales semblent indiquer que, si les pays peuvent soutenir les efforts actuels, cette cible est à notre portée.

Davantage d’efforts

En effet, selon l’UNICEF, grâce au remarquable engagement de la communauté internationale, les nouvelles infections au VIH chez les enfants ont baissé de 24% dans le monde, passant de 430.000 en 2009 à 330.000 en 2011. En décembre 2011, les enfants qui ont reçu un traitement antirétroviral étaient 100.000 de plus qu’en 2010.

Mais moins d’un tiers des enfants et des femmes enceintes au monde reçoivent le traitement dont ils ont besoin, alors que la moyenne mondiale est de 54% chez les adultes.

 « Que les adultes aient deux fois plus de chances que les enfants de recevoir les médicaments dont ils ont besoin, c’est tout simplement injuste, a déclaré M. Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF. Par définition, nous n’aurons une génération libérée du SIDA que si l’on empêche les enfants les plus jeunes et les plus vulnérables de contracter une infection au VIH. Nous devons faire encore plus pour aider les mères et les enfants qui vivent avec le virus à s’affranchir du SIDA. Nous devons redoubler d’efforts pour accroître le nombre de femmes enceintes et d’enfants qui sont testés et soignés dans des programmes de santé prénatals et infantiles de base. »

Du droit à la santé

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 20 novembre 1989 traite du droit de l’enfant à la santé qui s’entend de l’accès à la vaccination, la prévention et la lutte contre le VIH-sida, de même que les soins préventifs auprès des mères et des communautés, la distribution de suppléments nutritionnels, de moustiquaires imprégnées, de médicaments, etc.

« Chaque enfant a le droit de naître sans le VIH/Sida », lit-on dans le communiqué de l’UNICEF. Si l’on soigne les femmes enceintes séropositives, non seulement elles restent en vie et en bonne santé, mais on empêche leurs bébés de contracter le VIH pendant la grossesse, l’accouchement ou la période d’allaitement. Les traitements peuvent également empêcher la transmission sexuelle d’une femme séropositive à un partenaire séronégatif.

Tout faire pour mettre fin aux nouvelles infections chez les enfants d’ici 2015 et garder leurs mères en vie est l’un des éléments clés de l’engagement global de l’UNICEF envers la survie de l’enfant.

Renforcer la protection des partenaires

Début 2012, l’OMS a publié de nouvelles lignes directrices pour traiter les personnes porteuses du VIH ayant des partenaires séronégatifs : on estime que jusqu’à la moitié des séropositifs vivant en couple ont des partenaires séronégatifs. L’Organisation recommande désormais d’offrir le traitement antirétroviral au partenaire séropositif, quel que soit l’état de son système immunitaire, pour réduire la probabilité de transmission du VIH au partenaire indemne. Certains pays envisagent aussi de démarrer le traitement à un stade encore plus précoce de l’infection à VIH et d’offrir à toutes les femmes enceintes séropositives le traitement antirétroviral à vie.

Actuellement, l’OMS étudie les nouvelles études scientifiques et les expériences dans les pays, afin de publier mi-2013 des orientations actualisées et récapitulatives sur l’utilisation des antirétroviraux.

                                                                                                             Charles Ayetan

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